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Les Salles sur Verdon.com

Etait-ce mieux "avant" ???


"Le lac de Sainte-Croix est magnifique, c'est une réussite extraordinaire d'avoir créé des paysages aussi beaux, quel plaisir pour les yeux..." (sentiment partagé par de nombreux touristes qui découvrent le lac de Sainte-Croix).

Et "avant", lorsque le lac n'existait pas, comment pensez-vous que c'était ? Moche ???
A vous de juger.


Aujourd'hui...
Le lac de Sainte-Croix aujourd'hui
Le même endroit "avant" :
La vallée avant le lac de Sainte-Croix


Aujourd'hui...
Le lac de Sainte-Croix aujourd'hui
Le même endroit "avant" :
La vallée avant le lac de Sainte-Croix




Vous qui venez aux Salles-sur-Verdon aujourd'hui, n'oubliez pas qu'il y avait une vie autrefois. Ceux qui l'ont connue la regrettent.

Quelques images "d'avant"...






Mais... parfois, en rêvant...

"...Et tout s'évanouit : rien ne resta que l'onde
Maintenant on ne voit au loin que l'eau profonde
Par les vents remuée et seule sous les cieux."

(Victor Hugo)

Le lac de Sainte-Croix aujourd'hui... et 'avant'




"Je me souviens encore des bonds que faisaient mon coeur et mon esprit quand après quelques heures de route surgissait au débouché d’un virage la vue de cette vallée.

Cette superbe étendue verte bordée de hautes collines d’un brun rouge foncé, couronnées de craie blanche séparée par un grandiose ruban bleu-vert, écrasée sous un soleil flamboyant, était pour moi la promesse de liberté pendant les trois prochains mois. C’était mon domaine, mon terrain de chasse, et comme Tarzan dans son royaume, je savais que j’allais retrouver ma tribu de copains pour y vivre de nouvelles et grandes aventures.

C’était là, dans les senteurs de lavandes, de thym et les effluves des moutons, des chevaux et des truffes, sous un ciel toujours couleur d’azur, que j’ai passé les plus beaux mois de ma vie.

C’était là que j’allais faire mes plus belles cascades, involontaires le plus souvent, sur un méchant vélo gris au guidon rouge qui m’a valu de la part des copains le surnom de "Guidoline", et quelques marques que nous gardons encore dans nos chairs, mes potes et moi.

C’était là que les anciens nous amenaient avec eux aux champs pour ramasser les bottes de lavande, qui me permettait de faire des hottes et des bouteilles avec des rubans de soie multicolores que me vendait l’épicière de la grande place, Madame Richard, et comme on n’était pas un peu fier de revenir au village sur la remorque... Rois d’un royaume imaginaire, que l’on était d’ailleurs.

C’était ça aussi la gentillesse des anciens, quand malgré une dure journée de labeur, ils nous accordaient quelquefois du temps, le soir, assis sur le banc en pierre de la placette du bas, dans la pénombre de la nuit tombante à la fraîche, pour nous transporter dans des mondes fabuleux ou terrifiants, à grand coup d’histoires vraies ou fausses, mais qui me faisaient toujours rêver.

C’était là aussi que certains soirs, pendant que les grands prenaient le frais, on faisait d’énormes parties de cache-cache et de poursuites dans les ruelles du village qui était alors entièrement à nous.

Que de fois j’ai grimpé en courant la grande rue, redescendu par la Calade, et dégagé sur le chemin du canal derrière la maison de Monsieur Boeuf, pour revenir au but sur la placette sans me faire prendre par l’équipe adverse !

C’était dans les Iscles, ce paradis couvert de joncs, que j’ai appris du Grand Louis les techniques de pêche que je pratique encore aujourd’hui pendant mes vacances dans un autre département.

C’était des soirées avec les copains dans la vapeur de lavande directement sortie de l’alambic, le tassage des bottes pour la bouillie, et l’alimentation du four avec les lavandes distillées.

Et puis, c’était les balades et les baignades au pont de Garuby.

Des chevauchées amoureuses, platoniques, après celle à qui j’avais donné mon cœur mais qui n’en voulait pas, et les échappatoires mises en place pour le préserver de celle qui voulait me le prendre de force.

C’était les petits déjeuners avec les oeufs frais des poules de Monsieur Laugier, la fougasse dorée chaude croustillante et parfumée du boulanger Monsieur Taxil. C’était d’ailleurs un véritable supplice pour moi quand il fallait que j’aille l’acheter moi-même, et bien souvent le morceau n’arrivait pas entier à la maison, quand il arrivait.

Le midi en guise de dessert je n’aurais jamais échangé mon morceau de Roquefort acheté chez Madame Richard pour un empire.

C’était les chapardages de pommes et de pêches dans les vergers sous les alambics et le souvenir des cuisantes piqûres de ces braves abeilles que j’avais dérangées.

Je me souviens aussi qu’un été un grand planeur, superbe oiseau blanc, s’était posé dans le grand champ derrière le hangar du Barda, face aux alambics, et j’étais admiratif de cet appareil descendu des cieux tel un dieu sans aucun bruit.

C’était tout cela, et bien d’autres choses encore, que ce pays... et pourtant il n’était pas dans un monde virtuel ou sur Internet.

Non, il était en France, bien de chez nous.

Jusqu’au jour où !

Un Monsieur quelque part dans les froidures du Nord a décidé que cela ne pouvait plus durer, que ce paradis ne pouvait plus être réservé qu’à quelques-uns, même si ces quelques-uns avaient trimé toute leur vie, et y avaient laissé leur peau, pour certains, pour en faire ce qu’il était.

Le couperet est tombé actionné par un technocrate perdu dans son monde de profits et de rentabilité.

Il fallait que ça serve à tout le monde et principalement aux touristes, éternels inconnus qui avaient grand besoin d’eau sur la côte.
Et pour cela il fallait que la vallée soit remplie de cette précieuse eau.

Alors on a tué mon beau village,
rasée ma belle vallée,
démonté le pont en fer,
et comme on n'a pas osé dynamiter le pont romain d’Aiguines,
on l'a laissé pourrir sous l’eau.
On a déplacé les tombes de ces anciens qui m’ont tant appris et fait mon enfance.
On a fait table rase parce qu’il fallait que ce soit propre.

Des individus qui n’étaient jamais venus dans mon paradis l’ont condamné sans jugement et l’ont assassiné sans pitié pour en faire un grand lac.

Bien sûr, il est beau ce lac.

Mais vous qui allez y passer vos vacances, essayez si vous le pouvez, d’imaginer ce qui était là avant.
Ayez une petite pensée, quand vous entrez dans l’eau pour vous rafraichir, qu’il y a quelques années, là où vous faites gentiment trempette, des gens vivaient et étaient très heureux,
des gamins ont bâti leurs rêves,
des adolescents ont connu leurs premiers amours,
des adultes ont donné et perdu la vie,
pensez que pendant des siècles, dans cette vallée, le savoir s’est transmis, que la vie s’est maintenue.

Est-ce que cela en valait la peine ?
Je vous laisse y répondre en votre âme et conscience.

Quant à moi, quand je regarde le lac, je me prends à le voir invisible, et je ne vois que mon paradis comme s’il était là, vierge de tous saccages, inviolé et toujours là.

Eternellement PRESENT."
(extrait du forum)

Le lac de Sainte-Croix aujourd'hui...et 'avant'








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